Porter des lunettes depuis l’enfance, voir flou en conduisant la nuit, ou découvrir un début de cataracte lors d’un bilan annuel. Ces situations poussent chaque année des milliers de personnes à se renseigner sur la chirurgie ophtalmologique. Et les questions sont légitimes : quelles opérations existent ? Pour quel problème ? Comment ça se passe concrètement ?

La chirurgie oculaire couvre un spectre bien plus large que la simple « opération au laser » que tout le monde a en tête. De la correction de la myopie à la prise en charge de pathologies plus graves comme le glaucome ou les maladies de la rétine, les interventions sont nombreuses, précises et aujourd’hui très bien maîtrisées.

La chirurgie réfractive : se passer de lunettes

La chirurgie réfractive désigne l’ensemble des opérations visant à réduire, voire supprimer, le besoin de lunettes ou de lentilles de contact pour avoir une vision nette. Elle utilise différentes techniques, laser ou implants, afin de corriger des pathologies telles que la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie.

C’est le domaine le plus connu du grand public. Et pour cause : plus de 200 000 interventions réfractives sont réalisées annuellement en France. Les techniques ont beaucoup évolué ces dernières décennies, et plusieurs approches coexistent aujourd’hui.

Le LASIK : la technique de référence

Le LASIK demeure à ce jour la technique de chirurgie réfractive au laser la plus couramment pratiquée. Cela s’explique notamment par la variété des troubles visuels qu’il permet de corriger, la simplicité des suites opératoires et la rapidité de la récupération visuelle après l’intervention.

Concrètement, cette méthode repose sur l’action photoablative du laser Excimer au niveau de la cornée, ce qui permet d’en modifier le rayon de courbure et donc de corriger le défaut de vision du patient. Le LASIK permet de traiter les différents troubles de la réfraction sur une large plage : jusqu’à 10 dioptries pour la myopie, et jusqu’à 6 pour l’hypermétropie ou l’astigmatisme.

L’opération ne dure qu’une quinzaine de minutes pour les deux yeux et s’effectue sous anesthésie locale par collyre. Les suites sont généralement indolores, et la vision récupère très rapidement.

La PKR et la TransPKR

La PKR et la TransPKR consistent à enlever l’épithélium, la couche superficielle de la cornée, afin de remodeler cette dernière à l’aide d’un laser excimer. Pour les patients dont la cornée est fine, c’est la PKR qui sera privilégiée. C’est donc une alternative utile quand le LASIK n’est pas possible.

La différence principale avec le LASIK ? Les personnes qui auront recours au LASIK supporteront une douleur post-opératoire moins importante, puisque l’épithélium n’est pas enlevé. Quelques jours d’inconfort sont donc à prévoir après une PKR, mais les résultats à long terme sont tout aussi solides.

Le SMILE : la technique la plus récente

La technique SMILE consiste à enlever la lenticule de la cornée. L’avantage principal du SMILE réside dans la préservation maximale de l’innervation cornéenne, réduisant significativement les risques de sécheresse oculaire post-opératoire.

C’est là que ça devient intéressant pour les sportifs notamment : l’absence de volet cornéen permet aux patients de reprendre immédiatement tous types d’activités sportives, y compris les sports de contact, sans restriction particulière.

La chirurgie de la cataracte : l’intervention la plus pratiquée en France

Très fréquente, la cataracte est la première cause de chirurgie en France, avec environ 450 000 interventions chaque année. Cette opacification progressive du cristallin apparaît avec l’âge : elle touche plus de la moitié des personnes de plus de 65 ans, et plus des deux tiers de celles de plus de 75 ans.

Pour traiter ce problème, avec la chirurgie de la cataracte, le cristallin opacifié est retiré et remplacé par un implant artificiel. L’opération se fait le plus souvent dans la journée, sous anesthésie locale, ce qui la rend possible même chez les personnes très âgées.

Selon ameli.fr, lorsque la cataracte entraîne une gêne dans la vie quotidienne, malgré le port de lunettes adaptées, le seul traitement efficace est la chirurgie.

Comment se déroule l’opération ?

En moyenne, l’intervention dure 15 à 30 minutes. Le cristallin est retiré avec une sonde en passant par une petite incision, puis remplacé par un cristallin artificiel (implant souple). L’implant est choisi selon la morphologie de l’œil du patient et selon ses besoins en termes de correction visuelle.

Bonne nouvelle : les deux yeux ne sont jamais opérés en même temps. En général, quelques semaines séparent les deux interventions, ce qui laisse le temps de récupérer et de s’assurer que tout se passe bien sur le premier œil avant de traiter le second.

  • Implants monofocaux : correction pour une distance (loin ou près)
  • Implants multifocaux : permettent de voir de loin et de près sans lunettes
  • Implants toriques : conçus pour corriger aussi l’astigmatisme

Lorsque le traitement chirurgical de la cataracte est décidé, il faut déterminer les caractéristiques du cristallin artificiel qui va remplacer le cristallin opacifié. Pour cela, une biométrie de l’œil est réalisée.

Quand faut-il se faire opérer ?

La chirurgie peut être envisagée lorsque la fonction visuelle, malgré le port de lunettes adaptées, ne satisfait plus les besoins de la personne et affecte son mode de vie en retentissant sur les activités quotidiennes ou professionnelles.

En clair : ce n’est pas la sévérité de la cataracte sur papier qui déclenche l’opération, mais bien la gêne ressentie au quotidien. Conduire devient difficile la nuit ? Lire vous fatigue ? C’est à ce moment qu’une consultation s’impose.

La chirurgie du glaucome : agir avant la perte de vision

Le glaucome est un groupe de maladies affectant le nerf optique, ayant pour résultat la perte de la vision, fréquemment caractérisé par une augmentation de la pression intraoculaire.

Ce que beaucoup ignorent, c’est que cette maladie peut évoluer silencieusement pendant des années. Quand les médicaments ne suffisent plus à contrôler la pression dans l’oeil, la chirurgie devient nécessaire.

Les chirurgies du glaucome aident à combattre la maladie en abaissant la pression intraoculaire. Cela peut se faire en diminuant la quantité d’humeur aqueuse produite dans l’oeil ou en favorisant l’évacuation de l’humeur aqueuse excédentaire.

La chirurgie de la rétine : des interventions très spécialisées

La chirurgie rétinienne représente l’une des spécialités les plus techniques de l’ophtalmologie, nécessitant une expertise particulière et des équipements de haute technologie. Ces interventions traitent des pathologies potentiellement cécitantes touchant la rétine, membrane neurosensorielle responsable de la transformation de la lumière en influx nerveux.

Un décollement de rétine, une membrane épimaculaire ou une hémorragie intra-vitréenne sont des situations qui nécessitent une prise en charge rapide. La vitrectomie pars plana est un procédé pour enlever les opacités des membranes vitreuses par une incision, souvent combiné avec d’autres procédés intra-oculaires.

Ces interventions restent l’affaire de rétinologues, des chirurgiens sur-spécialisés dans cette partie de l’oeil. Le généraliste ou l’ophtalmologue de ville redirige vers ce type de spécialiste en cas de besoin.

Les chirurgies des paupières et de la cornée

Moins connues, ces interventions sont pourtant très courantes.

Les interventions de paupières – chirurgies, laser, injections – peuvent être réalisées à visée esthétique, réparatrice ou fonctionnelle. Une paupière qui tombe sur l’oeil (ptosis) peut ainsi être traitée chirurgicalement, non pas pour des raisons esthétiques, mais parce qu’elle gêne réellement la vision.

Du côté de la cornée, les indications sont multiples :

  • Chirurgie réfractive (LASIK, PKR, SMILE) pour corriger les troubles de la vision
  • Chirurgie de transplantation de la cornée, une procédure par laquelle une cornée endommagée ou malade est retirée et remplacée par une cornée claire provenant d’un donneur d’organes
  • Traitement du kératocône, une déformation progressive de la cornée

Comment se déroule le bilan préopératoire ?

Avant toute opération des yeux, une consultation de bilan est indispensable. C’est elle qui détermine si vous êtes éligible à l’intervention envisagée, et quelle technique est la mieux adaptée à votre morphologie oculaire.

Les examens effectués comprennent notamment : la mesure de l’épaisseur de la cornée, l’analyse topographique de la cornée, l’examen des structures oculaires, la mesure de la réfraction et la mesure de la taille de la pupille.

Pour le LASIK par exemple, l’opération est accessible à la grande majorité des patients sous certaines conditions : être âgé de plus de 18 ans, avoir une correction visuelle stable depuis au moins un an, ne pas présenter de pathologies oculaires telles que le kératocône, et avoir une cornée suffisamment épaisse pour supporter le remodelage laser.

Le genre de consultation qui vaut vraiment le coup d’être prise au sérieux. C’est elle qui évite les mauvaises surprises et qui permet au chirurgien de vous proposer le protocole qui correspond à votre cas précis.

Ambulatoire et anesthésie locale : la règle générale

Les opérations des yeux sont presque toujours effectuées en ambulatoire et sous anesthésie locale. Autrement dit : pas d’hospitalisation, pas d’anesthésie générale dans la grande majorité des cas. Vous arrivez le matin, vous rentrez chez vous quelques heures plus tard.

Le LASIK, par exemple, et l’intervention de la cataracte sont absolument indolores, y compris après l’intervention. Ce n’est pas le cas de toutes les chirurgies oculaires, mais pour les plus fréquentes, la douleur est vraiment marginale.

Chirurgie des yeux : ce qu’il faut retenir

La chirurgie ophtalmologique ne se résume pas à une seule intervention. Elle regroupe des dizaines de techniques, chacune répondant à une indication précise.

  • Troubles de la vision (myopie, hypermétropie, astigmatisme, presbytie) : chirurgie réfractive par laser (LASIK, PKR, SMILE) ou implants
  • Cataracte : ablation du cristallin et pose d’implant intraoculaire
  • Glaucome : chirurgie filtrante pour réduire la pression intraoculaire
  • Pathologies rétiniennes : vitrectomie et traitements spécialisés
  • Paupières et cornée : chirurgies fonctionnelles ou réparatrices

Dans tous les cas, le point de départ est le même : un bilan préopératoire rigoureux réalisé par un ophtalmologue spécialisé. La majorité des opérations ophtalmologiques sont réalisées sous anesthésie locale ou locorégionale, souvent complétée par une sédation pour le confort du patient.

Et si les résultats sont aujourd’hui aussi fiables, c’est aussi parce que pour devenir chirurgien ophtalmologue, un médecin doit compléter 11 ans d’études – 6 ans de médecine générale puis 5 ans de résidence en ophtalmologie – et peut décider de réaliser 2 années supplémentaires de sur-spécialisation pour les opérations les plus complexes.

Vous pouvez également aimer :