Chaque jour, des millions de Français s’occupent d’un parent âgé, d’un conjoint malade ou d’un proche en situation de handicap. Ils font les courses, accompagnent aux rendez-vous médicaux, assurent les soins d’hygiène. Souvent sans même savoir qu’ils ont un statut.

Être aidant familial, c’est une réalité quotidienne reconnue par la loi – avec des droits concrets, des aides financières et des dispositifs de soutien. Encore faut-il les connaître.

Qui est considéré comme aidant familial ?

La définition est plus large qu’on ne le croit. L’aidant familial, parfois appelé aidant naturel ou proche aidant, est une personne qui vient en aide à un proche dépendant ou en situation de handicap, à titre non professionnel. Ce peut être ponctuellement ou au quotidien, seul ou en complément d’un professionnel de santé.

une femme d'âge moyen tenant la main d'une personne âgée assise dans un fauteuil à son domicile

La loi pour l’adaptation de la société au vieillissement (ASV), entrée en vigueur fin 2015, a formalisé ce rôle. Pour tout savoir sur les conditions exactes et les nuances juridiques, la page dédiée à devenir aidant familial sur Essentiel Autonomie fait le point de façon très complète.

Concrètement, sont reconnus comme aidants familiaux : le conjoint, le concubin, la personne pacsée, les ascendants, les descendants, ou tout collatéral jusqu’au quatrième degré. Et aucune démarche administrative n’est obligatoire pour l’être : vous l’êtes dès que vous assistez régulièrement un proche en perte d’autonomie.

Le saviez-vous ? En France, on compte entre 8 et 11 millions d’aidants familiaux. Près d’un aidant sur deux ignore pourtant les droits auxquels il peut prétendre.

Peut-on être rémunéré quand on aide un proche ?

Oui, dans certains cas. Et c’est là que beaucoup de familles passent à côté d’une aide concrète.

Si votre proche bénéficie de l’Aide Personnalisée d’Autonomie (APA), il peut utiliser cette allocation pour vous rémunérer – à condition que vous ne soyez pas son conjoint, concubin ou partenaire de PACS. Un enfant, un petit-enfant, une sœur peuvent ainsi être employés directement, via un contrat déclaré à l’Urssaf ou grâce au CESU.

Le cas de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH)

Si la personne aidée est en situation de handicap et perçoit la PCH, un dédommagement est également possible. Il faut signaler par courrier au Conseil général du département les identités de l’aidant et de l’aidé, ainsi que leur lien de parenté. Ce dédommagement peut atteindre au maximum 85 % du SMIC horaire, sur la base de 35 heures hebdomadaires. Les sommes perçues doivent être déclarées aux impôts.

Attention : Le conjoint, le concubin ou la personne pacsée ne peut généralement pas être rémunéré via l’APA ou la PCH, sauf si la personne aidée nécessite une aide totale pour la plupart des actes essentiels et une présence constante ou quasi constante.

Quels congés et droits professionnels pour les aidants salariés ?

Concilier un emploi et l’accompagnement d’un proche, c’est souvent une équation difficile. La loi a prévu plusieurs dispositifs pour aider les aidants salariés à s’organiser.

Le congé de proche aidant

Tout salarié – mais aussi les fonctionnaires, les indépendants et certains demandeurs d’emploi – peut bénéficier du congé de proche aidant. Il permet de suspendre ou réduire temporairement son activité pour accompagner un proche en lourde perte d’autonomie. Sa durée maximale est de 3 mois consécutifs, renouvelable jusqu’à 1 an au total sur toute la carrière. Aucune condition d’ancienneté n’est requise.

Ce congé est indemnisé via l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA). La demande s’effectue auprès de la CAF ou de la MSA.

Le don de jours de repos

Moins connu, ce dispositif permet à un collègue de travail de céder anonymement ses jours de repos non pris à un aidant. Résultat : l’aidant peut s’absenter tout en continuant à percevoir sa rémunération. Le genre de mesure simple qui change beaucoup de choses dans les faits.

une personne consulte des documents administratifs liés aux aides sociales pour aidants familiaux

La retraite et la fiscalité : ce qu’il faut retenir

Aider un proche peut avoir des conséquences sur la carrière professionnelle, et donc sur la retraite. Bonne nouvelle : des mesures existent pour limiter l’impact.

Si vous avez interrompu votre activité pour accompagner un proche, la CAF peut vous affilier gratuitement à l’assurance vieillesse du parent au foyer, ce qui permet de valider des trimestres sans cotiser. Si la personne aidée présente une invalidité supérieure à 80 %, et que vous avez réduit ou cessé votre activité pendant plus de 30 mois consécutifs, un accès à la retraite anticipée à taux plein peut être envisagé à 65 ans au lieu de 67.

Sur le plan fiscal, si vous hébergez un proche à votre domicile ou participez à ses frais d’hébergement en EHPAD, des avantages fiscaux peuvent s’appliquer. Il est aussi possible de déduire une somme forfaitaire par ascendant accueilli, sous conditions de ressources. Ces deux avantages ne sont toutefois pas cumulables.

« Se retrouver aidant, ça arrive souvent sans qu’on l’ait vraiment choisi. Un parent qui tombe, une maladie qui progresse, et soudain c’est vous qui gérez tout. Connaître ses droits, c’est déjà un peu moins se sentir seul face à la situation. »

Le droit au répit : s’accorder des pauses sans culpabiliser

Être aidant s’use. Physiquement, mentalement. La loi ASV a instauré ce qu’on appelle le droit au répit : un ensemble de solutions pour permettre à l’aidant de souffler, sans abandonner la personne aidée.

Cela peut prendre plusieurs formes : accueil de jour pour le proche, hébergement temporaire, relais à domicile assuré par un professionnel. Ce droit s’applique aux aidants dont le proche bénéficie de l’APA. Une enveloppe spécifique peut être accordée, notamment en cas d’épuisement. Des structures comme des plateformes d’accompagnement, des groupes de parole ou des séjours répit permettent aussi de trouver du soutien en dehors du domaine purement financier.

L’aidant familial joue un rôle central dans le maintien à domicile des personnes âgées et dépendantes. Connaître ses droits, c’est se donner les moyens de tenir dans la durée – pour soi, comme pour la personne qu’on accompagne.

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